Maladies auto-immunes et auto-inflammatoires

Maladies auto-inflammatoires et amylose inflammatoire

Les maladies auto-inflammatoires sont des maladies rares de l'immunité innée, marquées par des poussées inflammatoires récurrentes. Leur complication la plus redoutée à long terme est l'amylose inflammatoire, dite AA.

Qu'est-ce qu'une maladie auto-inflammatoire ?

Les maladies auto-inflammatoires sont des maladies rares du système immunitaire inné. À la différence des maladies auto-immunes, elles ne s'accompagnent pas d'auto-anticorps dirigés contre l'organisme : l'inflammation se déclenche seule, par poussées, souvent avec de la fièvre, des douleurs abdominales ou articulaires, et une élévation des marqueurs d'inflammation dans le sang. La fièvre méditerranéenne familiale est la plus fréquente de celles qui sont dues à la mutation d'un seul gène, le gène MEFV, qui code une protéine appelée pyrine. D'autres formes apparaissent au contraire à l'âge adulte, sans être héréditaires, et se reconnaissent d'abord à la répétition des poussées inflammatoires sans cause infectieuse ni tumorale retrouvée.

L'enjeu du suivi au long cours est une complication : l'amylose inflammatoire, dite amylose AA. Lorsque l'inflammation reste active pendant des années, une protéine produite en excès par le foie, la protéine sérique amyloïde A, se dépose sous forme de fibrilles insolubles dans les organes, principalement le rein, où elle provoque une fuite de protéines dans les urines puis une insuffisance rénale. Le mot amylose recouvre plusieurs maladies différentes qu'il ne faut pas confondre : l'amylose AA vient de l'inflammation chronique, l'amylose AL vient de chaînes légères d'immunoglobuline produites par une maladie du sang, l'amylose ATTR vient d'une autre protéine encore, la transthyrétine. Elles n'ont ni les mêmes causes, ni les mêmes traitements.

Son travail sur ce sujet

Il faut le dire d'emblée, parce que la page perdrait sa valeur à le taire : Arsène Mekinian n'a aucun article indexé sur la fièvre méditerranéenne familiale, sur le gène MEFV, sur la résistance à la colchicine ni sur l'amylose AA. Sa place dans ce domaine ne tient pas à des publications sur ces deux maladies. Elle tient d'une part à une fonction dans l'organisation nationale des soins, d'autre part à des travaux publiés qui portent sur des maladies auto-inflammatoires voisines de l'adulte. Les deux sont décrits ci-dessous, en distinguant à chaque fois ce qui est de lui et ce qui est du centre.

La fonction d'abord. La fiche du réseau FAI²R intitulée « Centre de référence des maladies auto-inflammatoires et de l'amylose inflammatoire : Site constitutif A.MEKINIAN » situe ce site à l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP) et indique qu'il est coordonné par le Pr Arsène Mekinian (page relevée le 08/09/2026). Le site du centre, ceremaia.fr, présente le CeRéMAIA comme un ensemble de sept sites dont la coordination nationale est assurée par le Pr Isabelle Koné-Paut, et y fait figurer le Pr Arsène Mekinian pour un service de médecine interne, adultes (page des équipes relevée le 08/09/2026). Une précision s'impose, qui vient de cette même page : le champ affiché pour son site y est « VEXAS, hématopoïèse clonale et inflammation » et « manifestations inflammatoires associées aux hémopathies ». La fièvre méditerranéenne familiale et l'amylose sont, sur cette page, les champs affichés d'autres sites du même centre. Son site est donc un site constitutif d'un centre de référence dont l'intitulé couvre les maladies auto-inflammatoires et l'amylose inflammatoire, avec un champ propre centré sur l'inflammation associée aux maladies du sang.

Les travaux publiés ensuite. Le plus proche du sujet de cette page porte sur les maladies auto-inflammatoires indifférenciées du sujet âgé. Une étude française rétrospective multicentrique du groupe MINHEMON, publiée dans J Clin Med en 2021, a réuni 26 patients présentant des signes de maladie auto-inflammatoire systémique indifférenciée compatibles avec une maladie de Still de l'adulte et associés à un syndrome myélodysplasique ou à une leucémie myélomonocytaire chronique, comparés à un groupe témoin de 104 patients atteints de ces mêmes hémopathies. L'âge médian aux premiers signes était de 70,5 ans, avec une prédominance masculine de 4 pour 1. Cinq patients seulement remplissaient les critères d'une maladie de Still de l'adulte confirmée. Sur 18 patients testés, 6 portaient une mutation somatique du gène UBA1. Sept patients ont développé une leucémie aiguë myéloïde et douze sont décédés sur un suivi médian de 2,5 ans. Une corticothérapie à forte dose a entraîné une réponse chez 13 des 16 patients traités, et l'azacitidine une réponse complète ou partielle des signes systémiques chez 10 des 12 patients traités, soit 83 %. Arsène Mekinian est le 25e et dernier des 25 auteurs nommés de cette étude (référence 1).

Deux autres travaux concernent l'usage des biothérapies, dont les inhibiteurs de l'interleukine-1, dans des maladies inflammatoires de l'adulte qui ne sont pas la fièvre méditerranéenne familiale. Une étude nationale française rétrospective publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases en 2018 a analysé 41 patients atteints de polychondrite atrophiante exposés à 105 lignes de biothérapie, dont 60 anti-TNF, 17 tocilizumab, 15 anakinra, 7 rituximab et 6 abatacept. Le taux de réponse global au cours des six premiers mois d'exposition était de 62,9 %, le taux de réponse complète de 19,0 %. Les effets indésirables étaient principalement des infections, au nombre de 42. Les biothérapies ont été arrêtées dans 73,3 % des cas, pour efficacité insuffisante dans 34,3 %, pour perte d'efficacité dans 18,1 % et pour effet indésirable dans 20,9 %, cette dernière cause étant la plus fréquente avec l'anakinra, à 46,7 % (référence 2). Un second travail, publié dans Seminars in Arthritis and Rheumatism en 2018, décrit un cas de maladie de Still de l'adulte révélée au cours d'une grossesse, accompagné d'une revue de 19 cas de la littérature ; il s'agit d'une observation isolée et non d'une série. Arsène Mekinian en est le 2e des 7 auteurs nommés et l'auteur correspondant (référence 3).

Sa contribution la plus récente aux inhibiteurs de l'interleukine-1 dans une maladie auto-inflammatoire de l'adulte concerne le syndrome VEXAS, qui fait l'objet d'une page distincte de ce site et n'est pas développé ici. Une étude internationale multicentrique publiée dans Arthritis Rheumatol en 2026 a comparé anakinra et canakinumab chez 47 patients de France, d'Israël et d'Italie, dont 44 traités par anakinra et 9 par canakinumab ; la réponse globale à trois mois était de 22 % sous anakinra et de 78 % sous canakinumab. Arsène Mekinian en est le 36e et dernier des 36 auteurs nommés (référence 4). Le syndrome VEXAS est une maladie auto-inflammatoire acquise de l'adulte, liée à une mutation somatique du gène UBA1 : ce n'est pas la fièvre méditerranéenne familiale, et ces résultats ne s'y transposent pas.

Sur l'amylose enfin, il faut être exact. Ses articles sur l'amylose portent tous sur l'amylose AL, et non sur l'amylose AA. Une étude rétrospective publiée dans Am J Med en 2010, dont il est le 1er des 12 auteurs nommés, a analysé 29 patients consécutifs atteints d'amylose AL ayant eu une imagerie par résonance magnétique cardiaque : celle-ci était positive chez 11 patients, soit 38 %, et la survie globale des patients à imagerie positive était de 28 %, 14 % et 14 % à un, deux et cinq ans, contre 84 %, 77 % et 45 % chez les patients à imagerie négative (p = 0,002) ; en analyse multivariée, seule l'insuffisance cardiaque congestive restait associée à la survie (référence 5). Une étude multicentrique française publiée dans Amyloid en 2012, dont il est le 1er des 10 auteurs nommés et l'auteur correspondant, a décrit la tomographie par émission de positons au 18F-FDG chez 10 patients atteints d'amylose AL, d'âge médian 62 ans : l'examen était positif chez 7 patients, soit 70 %, avec une valeur de fixation médiane de 6,5, et les fixations concordaient avec l'atteinte d'organe connue dans 6 cas sur 7 (référence 6). Ces deux travaux ne disent rien de l'amylose AA, qui est une autre maladie.

Un seul document rattache son nom à la fièvre méditerranéenne familiale, et il le fait par son autre domaine de travail, la grossesse : un résumé accepté au congrès EULAR 2025, publié dans le supplément des Annals of the Rheumatic Diseases, portant sur une étude prospective de 117 grossesses au cours de maladies auto-inflammatoires, dont 79 avec une fièvre méditerranéenne familiale. Il en est le 10e des 22 auteurs. Ce document est un résumé de congrès et non un article : il n'est pas indexé dans PubMed, il n'a pas fait l'objet d'une relecture par les pairs sous la forme d'un article, et son contenu au-delà du titre n'a pas été lu (référence 7).

Où la prise en charge est organisée

Service de médecine interne de l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP, Sorbonne Université), site constitutif du centre de référence des maladies auto-inflammatoires et de l'amylose inflammatoire (CeRéMAIA), au sein de la filière de santé maladies rares FAI²R. Le CeRéMAIA compte sept sites, dont la coordination nationale est assurée depuis l'hôpital Bicêtre.

La fiche du centre publiée par FAI²R nomme les médecins référents du site. En médecine interne à Saint-Antoine : Pr Arsène Mekinian, Pr Olivier Fain, Dr Vincent Jachiet, Dr Jérôme Hadjadj, Dr Sébastien Rivière, Dr Delphine Gobert, Dr Maria Chauchard, Dr Noémie Abisror, Dr Amir Adedjouma, Dr Marjolaine Morgand, Dr Étienne Ghrenassia. Le réseau du site associe la rhumatologie (Pr Berenbaum, Pr Sellam), la neurologie (Pr Alamowitch), la cardiologie (Pr Cohen), l'hématologie (Pr Mohty, Pr Coppo) et la réanimation (Pr Guidet, Pr Maury) sur le même hôpital ; la néphrologie et la dialyse (Pr Boffa, Dr Fessi), la dermatologie (Pr Barbaud, Dr Chasset) et la pneumologie (Pr Cadranel) à l'hôpital Tenon ; la gynécologie-obstétrique (Pr Kayem, Dr Cheloufi) à l'hôpital Trousseau ; l'ophtalmologie au Centre national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts.

Le rôle de la néphrologie dans cette liste n'est pas accessoire : l'amylose AA se manifeste d'abord par une protéinurie, et c'est le rein qui fait le pronostic. Le diagnostic d'amylose repose sur une preuve histologique, c'est-à-dire l'examen au microscope d'un fragment de tissu, avec typage de la protéine déposée, puisque la conduite à tenir diffère entièrement selon qu'il s'agit d'une amylose AA ou d'une amylose AL. Le centre de référence est également le cadre dans lequel sont élaborés les protocoles nationaux de diagnostic et de soins qui servent de document commun aux équipes françaises.

Ce que l'on ne sait pas

D'abord les limites de ses propres travaux, qui sont réelles. L'étude de 2021 sur les maladies auto-inflammatoires indifférenciées est rétrospective et porte sur 26 patients ; son groupe témoin de 104 patients sert à situer la fréquence de ces tableaux, non à comparer des traitements, de sorte que la réponse à l'azacitidine chez 10 patients sur 12 repose sur douze patients traités sans bras de comparaison. L'étude de 2018 sur la polychondrite atrophiante est également rétrospective, sur 41 patients, sans groupe comparateur et sans tirage au sort de l'attribution des biothérapies. Le travail de 2018 sur la maladie de Still au cours de la grossesse est une observation unique complétée d'une revue de la littérature : il ne permet aucune généralisation. Les deux études sur l'amylose AL datent de 2010 et 2012, portent sur 29 et 10 patients, sont rétrospectives, et concernent une maladie qui n'est pas l'amylose AA. L'étude de 2026 comparant anakinra et canakinumab dans le syndrome VEXAS n'est pas randomisée et oppose 9 patients traités par canakinumab à 44 traités par anakinra, des effectifs très inégaux qui limitent la portée de la comparaison. Aucun de ces travaux ne constitue une donnée sur la fièvre méditerranéenne familiale ou sur l'amylose AA, sujets sur lesquels il n'a rien publié.

Ensuite les questions ouvertes du domaine lui-même. Les références qui suivent ne sont pas de lui : Arsène Mekinian n'est auteur d'aucune d'entre elles, et elles sont citées ici comme l'état des connaissances auquel une consultation se réfère, non comme une contribution du service.

La revue Cochrane de 2022, qui a réuni 10 essais randomisés et 312 participants âgés de 3 à 53 ans, énonce que le canakinumab réduit probablement le nombre de participants présentant une crise à 16 semaines (risque relatif 0,41, intervalle de confiance à 95 % de 0,26 à 0,65, sur un seul essai de 63 participants résistants à la colchicine, niveau de preuve modéré), tandis que pour l'anakinra il n'y a probablement pas de différence quant au nombre de participants présentant une crise à quatre mois (risque relatif 0,76, intervalle de confiance à 95 % de 0,54 à 1,07, sur 25 participants résistants à la colchicine, niveau de preuve modéré). Surtout, cette revue précise qu'aucune des études incluses n'a rendu compte de la prévention de l'amylose AA. C'est la principale zone d'ombre du domaine : le bénéfice des inhibiteurs de l'interleukine-1 sur la complication que le traitement vise à éviter n'a pas été mesuré dans un essai (référence 8).

Le protocole national français, publié en version anglaise dans la Revue de médecine interne en 2023, estime entre 5 000 et 10 000 le nombre de patients atteints de fièvre méditerranéenne familiale en France, tous âges confondus, et décrit une approche de traitement guidé par un objectif. Il qualifie la résistance à la colchicine de situation très rare, qui doit rester un diagnostic d'élimination, en particulier après vérification de l'observance du traitement. Deux situations particulières y sont traitées à part, l'insuffisance rénale et la grossesse (référence 9).

Les recommandations européennes de 2016 comportent 18 recommandations, chacune avec son degré d'accord, toutes au-dessus de 7 sur 10. Leurs auteurs signalent eux-mêmes que les énoncés les plus discutés sont ceux qui portent sur le suivi et sur la modification des doses, domaines où les données disponibles sont limitées (référence 10). Autrement dit, dix ans plus tard, la façon de surveiller un patient et d'ajuster son traitement reste la partie la moins solidement établie de la prise en charge.

Restent enfin trois inconnues que la littérature lue ne résout pas. Il n'existe pas de marqueur qui permette de prédire quel patient évoluera vers l'amylose AA. La part des tableaux auto-inflammatoires de l'adulte qui restent sans mutation identifiée n'est pas établie, et l'étude de 2021 citée plus haut illustre précisément cette zone grise, puisque 12 des 18 patients testés n'y portaient pas de mutation UBA1 sans que le mécanisme de leur inflammation soit élucidé. Et la place respective des différents inhibiteurs de l'interleukine-1 dans les formes insuffisamment contrôlées n'est pas tranchée par des essais comparatifs directs.

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Références

Travaux publiés auxquels il a participé, sur ce sujet. Liste établie à partir d'Europe PMC.

Page rédigée pour information générale. Elle ne remplace pas un avis médical individuel. Mise à jour : 9 septembre 2026.